12/05/2008   13 h 36

Taureau - Taurus - Tau

Dans la mythologie grecque, cette constellation représente la métamorphose de Zeus utilisée pour enlever la fille du roi de Phénicie : Europe.
Les Égyptiens y virent le bœuf Apis, le dieu du Nil.

Quelques objets d'intérêt
objet commentaires

Référence : α Tau
Nom : Aldebaran 
Type : étoile variable
Magnitude : 0.75 à 0.95
Distance : 65.1 a.l.
A.D. : 04h 36m 05s
Déc. : +16° 30' 59"

Autres appellations : Cor Tauri ou Parilicium.
C'est une géante rouge légèrement variable, sa température de surface est de 3 400 kelvins. Son nom vient de l'arabe al Dabaran, qui signifie « la Suivante » ; sa position dans le ciel suivant celles des amas des Pléiades et des Hyades, tous deux connus depuis la plus haute Antiquité.
Malgré les apparences, elle n'appartient pas à l'amas des Hyades (Melotte 25) sur lequel elle ne se positionne que par projection.

Référence : β Tau
Nom : El Nath 
Type : étoile
Magnitude : 1.65
Distance : 131.0 a.l.
A.D. : 05h 26m 28s
Déc. : +28° 36' 40"

Autres appellations : Alnath ou Nath.
Parfois également identifiée comme γ Auriga (gamma du Cocher). Bien que située à la limite de ces deux « découpages », elle appartient officiellement à la constellation du Taureau.
C'est un membre du groupe des Pléiades (M 45).

Référence : T Tau
Nom : - -
Type : étoile variable
Magnitude : 9.3 à 13.5
Distance : 576 a.l.
A.D. : 04h 22m 09s
Déc. : +19° 32' 34"

Prototype d'une classe de variables irrégulières.
Déjà inscrite sur des cartes célestes anciennes, elle fut (re)découverte par l'astronome anglais John Russel HIND (1823 - 1895) en 1852. Elle était alors de magnitude 10 et englobée dans une nébulosité (aujourd'hui NGC 1554). La luminosité de cette dernière diminua dans les années qui suivirent, jusqu'à disparaître totalement en 1868. Elle fut retrouvée photographiquement par la suite, mais de forme et de dimensions différentes.
La position occupée par T Tauri dans l'évolution stellaire est celle d'un astre très jeune. Les réactions nucléaires en son centre se sont amorcées et l'étoile est encore dans une phase d'instabilité en raison du déséquilibre entre les forces de gravitation et de radiation.

Référence : Melotte 25 
Nom : Hyades 
Type : amas ouvert
Magnitude : 0.8
Distance : 156,5 a.l.
Dimension : Ø 8°
A.D. : 04h 27m
Déc. : +15° 52'

Amas ouvert Melotte 25Melotte 25, plus connu sous l'appellation Hyades, est le nom collectif des étoiles formant l'un des amas ouverts les plus connus et facilement identifiable à l'œil nu.
Anciennement Suculæ, représentation latine d'une truie avec ses petits, cet assemblage était vu sous la forme d'un troupeau de chameaux par les arabes. La représentation « moderne » est celle d'une tête de taureau.
Il est placé à une distance double de celle de la géante rouge Aldebaran, qui se superpose par projection et ne fait pas partie de l'amas. Toutes ces étoiles sont nées de la même nébuleuse et animées d'un mouvement propre identique en direction d'un point proche de Betelgeuse (α Ori).
Situées près du plan de l'écliptique, les étoiles des Hyades sont susceptibles d'être souvent occultées. C'est lors de l'éclipse de Soleil du 29 mai 1919, qui avait lieu en cette position, que fut vérifiée l'une des prédictions de la théorie de la relativité générale : la déviation des rayons lumineux provenant des étoiles par la présence d'un corps massif (ici représenté par le Soleil situé exactement dans l'axe Terre-Lune).

Référence : M 1 / NGC 1952 
Nom : nébuleuse du Crabe 
Type : résidu de supernova
Magnitude : 8.4
Distance : 6 000 a.l.
Dimension : 8.0' × 4.0'
A.D. : 05h 35m
Déc. : +22° 01'

Nébuleuse du CrabeLe premier élément du catalogue Messier est l'un des plus rares, il s'agit d'un résidu de supernova. Déjà repéré en 1731 par l'astronome amateur anglais John BEVIS (1695 - 1771), cet objet sera (re)découvert par Charles MESSIER (1730 - 1817) le 12 septembre 1758 alors qu'il recherchait une comète dans cette région. Il le décrivit comme « une lumière blanchâtre ayant la forme d'une flamme de bougie ».
William PARSONS (lord OXMANTOWN comte de ROSS, 1800 - 1867), à l'aide de son réflecteur de 90 cm, sera le premier à y distinguer des filaments qui, par similitude avec les pinces et les pattes d'un crabe, lui valurent son nom commun : la nébuleuse du Crabe.
Les excellentes photographies obtenues depuis les années 1920 montrent que les filaments qui constituent cette nébuleuse sont en expansion avec une vitesse angulaire de 0.2" par an. À la distance de la nébuleuse, l'expansion réelle se fait avec une vitesse de 1 000 km · s-1. Même s'il est probable que cette expansion devait être plus rapide par le passé, l'événement à l'origine de ce mouvement devrait s'être produit au XIe siècle.
Des témoignages écrits d'une supernova ayant eu lieu le 4 juillet 1054 sont nombreux, notamment dans les annales chinoises où elle est mentionnée sous l'appellation d'étoile hôte. Pendant une vingtaine de jours l'astre fut aussi brillant que la planète Vénus, il disparut visuellement en avril 1056. Le pulsar au sein de la nébuleuse de Crabe L'occident de l'époque baignait dans le dogme d'un ciel immuable et aucune mention relative à cet événement n'a été retrouvée dans les divers relevés astronomiques occidentaux de cette époque.
Une étudiante en astronomie, Jocelyn BELL (1943 -), découvrit en 1967 une étonnante précision dans le signal émit par le centre de cette nébuleuse. Elle venait d'y découvrir le premier « pulsar » (contraction de pulsating star) : une étoile à neutron en rotation extrêmement rapide (1.337 301 13 seconde) émettant un faisceau en émission X et radio qui balaie la Terre à chaque tour. Mais c'est son directeur d'étude, l'anglais Antony HEWISH (1924 -), qui recevra le Prix Nobel 1974 pour cette découverte historique.

Le centre de la Nébuleuse du Crabe.
(Le pulsar est l'astre marqué d'une flèche).

Référence : M 45 
Nom : Pléiades 
Type : amas ouvert
Magnitude : 1.5
Distance : 407.5 a.l.
Dimension : Ø 2°
A.D. : 03h 47m
Déc. : +24° 07'

Amas ouvert M 45Amas ouvert aussi connu en littérature qu'en astronomie, son étymologie est à relier aux mots grecs pleïn ou pleïos qui signifient respectivement « naviguer » et « beaucoup ». Objet type à observer aux jumelles, il constitue également un excellent test de vision. Si la plupart des observateurs y distinguent 6 à 7 étoiles à l'œil nu (dans un ciel de qualité), on raconte que Michael MÄSTLIN (ou MÆSTLIN, 1550 - 1631, le tuteur de Johannes KEPLER (1571 - 1630), pouvait en dénombrer jusqu'à 14. Carte des Pléiades
Charles MESSIER (1730 - 1817) rajouta ce groupe d'étoiles à l'inventaire de la première mouture de son catalogue, bien que son aspect ne présente aucune similitude avec la vision d'une comète. Connu depuis la plus haute Antiquité, des écrits relatifs à son observation datent de -2357, il faudra attendre les grecs pour affubler ses 7 étoiles visibles à l'œil nu des noms des sept soeurs des Pléiades : Alcyone, Asterope, Electra, Maïa, Merope, Taygeta et Celæno. Vers 1650, le jésuite italien Giovanni Battista RICCIOLI (1598 - 1671) en rajouta deux nouveaux : Pleione et Atlas, les parents des Pléiades. Alcyone (ou η), l'étoile la plus brillante du groupe, fut autrefois appelée « la Poule », l'amas lui même étant désigné de « poussinière ».
Galileo GALILEI (dit Galilée, 1564 - 1642) sera le premier, en 1610, à en faire une observation à l'aide d'une lunette astronomique et portera le nombre de ses membres à 36. Les estimations modernes ont portées cette valeur à 2 000 étoiles. L'amas est très jeune, seulement 78 millions d'années, et baigne encore dans la nébulosité qui lui a donné naissance. Évidente sur les photographies en longues poses, elle fut remarquée visuellement pour la première fois par l'astronome allemand Ernst Wilhelm TEMPEL (1821 - 1889), le 19 octobre 1859 à Venise, avec une lunette de seulement 10 cm de diamètre !

Crédits photographiques - Centre M 1 : NASA, autres : SAR

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