Accueil Vie de la SAR La Une Initiation Système solaire Constellations Lexique

Les comètes

Missions spatiales vers les comètes

Nom d'une comète

À part la comète de Halley, ou celle de Encke, le nom d'une comète est attribué officiellement par une commission de l'Union Astronomique Internationale (UAI, IAU en anglais), dont le siège est à Washington. Certaines comètes historiques ne comportent pas de nom : ainsi parle-t-on de la grande comète de 1843.

Depuis le 1er janvier 1995, le nom officiel d'une nouvelle comète comporte d'autres indications.
Ainsi le nom de la comète Bradfield est C/2004 F 4 :

  • C/ indique qu'il s'agit d'une comète à longue période (éventuellement non périodique) ; on mettra P/ pour une comète à courte période, ou D/ pour une comète disparue.
  • 2004 indique l'année de sa découverte.
  • F indique qu'elle a été découverte au cours de la deuxième quinzaine de mars (chaque lettre de l'alphabet, excepté I, correspond à un demi-mois).
  • 4 indique enfin qu'il s'agit de la quatrième comète découverte au cours de cette période.

Description

Une comète se compose essentiellement de trois parties : le noyau, la chevelure et les queues. Le noyau et la chevelure constituent la tête de la comète.

Lors du dernier passage de la comète de Halley en 1986, 6 sondes spatiales (ICE, Vega-1, Vega-2, Sakigake, Suisei et Giotto) ont frôlé la comète et enregistré des données et des images précieuses pour notre connaissance des comètes.

Le noyau

Trajectoire comètes

L'hypothèse de constitution du noyau la plus communément admise et confirmée par les récentes expériences spatiales, est qu'il serait un corps solide constitué de glaces (eau, monoxyde de carbone, dioxyde de carbone) et de matières météoritiques agglomérées (modèle dit de la « boule de neige sale » proposé par Fred Whipple). Ces glaces se subliment sous l'action du rayonnement solaire et donnent naissance à la chevelure, puis aux queues.

Le diamètre du noyau (non sphérique) est estimé entre quelques centaines de mètres et quelques dizaines de kilomètres.

La plus grande dimension du noyau de la comète de Halley, de forme oblongue, est d'environ 15 km ; le volume de son noyau a été estimé à 500 km3, pour une masse de 1014 x 1011 kg, ce qui correspond à une masse volumique de 200 kg/m3.

La chevelure

La chevelure, ou coma, est constituée d'atomes, de gaz et de poussières issus du noyau de la comète et libérés sous forme de jets de gaz. Très rapidement le rayonnement ultraviolet émanant du Soleil casse les atomes et les molécules (phénomène d'ionisation). La brillance de la chevelure est plus forte à proximité du noyau.

Son diamètre est généralement compris entre 50 000 et 250 000 km, avec des limites extrêmes de 15 000 et 1 800 000 km. La chevelure s'identifie fréquemment avec la tête de la comète, étant donné le faible diamètre relatif du noyau.

Les analyses du gaz de la chevelure de la comète de Halley indiquent que celle-ci contient 80 % d'eau, 10 % de monoxyde de carbone, 3 % de dioxyde de carbone, 2 % de méthane, moins de 1,5 % d'ammoniac et 0,1 % d'acide cyanhydrique.

Les queues

Une comète importante possède en général deux queues visibles :

  • La queue constituée d'un plasma, rectiligne et se maintenant à l'opposé du Soleil (comme une ombre), poussée à haute vitesse (de l'ordre de 500 km/s) par le vent solaire ; les changements de polarité du vent solaire produisent des ruptures dans la queue de plasma qui se reconstitue dans les heures qui suivent.
  • Une queue plus large constituée de poussières poussées par la pression de radiation solaire, et incurvée dans le plan de l'orbite. Grâce aux travaux de Michael Finson et Ronald Probstein (1968), qui ont mis en œuvre les hypothèses de Theodor Bredichin (1885) qui faisaient elles-mêmes suite à celles de Bessel, on peut modéliser la queue de poussières. Les trajectoires (kepleriennes) des grains peuvent ainsi être analysées en fonction de la durée d'émission (synchrones) ou en fonction de leur taille (syndynes).
  • Une troisième enveloppe, invisible avec des instruments optiques, mais décelée grâce à la radioastronomie, est la queue d'hydrogène qui s'étend sur des dimensions considérables.
  • Certaines comètes (Arend-Roland, en avril 1957) présentaient une « anti-queue » que l'on peut expliquer. Il s'agit d'une partie de la queue de poussières (proche du noyau) constituée de gros grains qui, par effet de perspective lorsque la Terre traverse le plan de l'orbite cométaire, semble pointer vers le Soleil.

Leurs dimensions sont considérables : des longueurs de 30 à 80 millions de kilomètres sont relativement fréquentes.

Orbites

Trajectoire comètes
La majorité des comètes répertoriées ont une orbite elliptique, et gravitent autour du soleil : ce sont les comètes périodiques.
Les comètes sont dites à courte période lorsque celle-ci est inférieure à 200 ans. Elles seraient originaires de la ceinture de Kuiper.
Les comètes dont la période est supérieure à 200 ans sont supposées provenir du nuage d'Oort.
Les comètes attachées au système solaire ont une orbite dont l'excentricité est inférieure à 1 (orbites elliptiques, donc comètes périodiques). Il existe quelques rares cas de comètes dont l'excentricité est supérieure à 1 (orbites hyperboliques, donc comètes non périodiques) : soit il s'agit de comètes provenant de l'extérieur du système solaire, soit il s'agit de comètes dont l'orbite a subi des perturbations telles qu'elles vont sortir du système solaire.

Quelques comètes

Les comètes en quelques chiffres
Comète Dernier
Passage
Période (ans) Excentricité Aphélie UA Périhélie UA Track
Lulin (C/2007 N3) jan 2009 non périodique 1,000205 --- 1,2115
Garradd (C/2009 P1) dec 2011 non périodique 1.0010071 -- 1.5505403
Morehouse (C/1908 R 1) dec 1908 non périodique 1,00073 ---- 0.945
2P/Encke nov 2013 3,3 0,84833 4,09312 0,33587 Track
45P/Honda-Mrkos-Pajdusakova sep 2011 5.511 0,8246 5.511 0,5296
67P/Tchourioumov-Guérassimenko août 2015 6,44 0,6410 5,6829 1,2432 Track
103P/Hartley_2 oct 2010 6,47 0,695 5,886 1,059 Track
3D/Biela dec 2010 6,64 0,751299 6,190 0,879073
108P/Ciffreo nov 2014 7,23 0,54155 5,7805 1,7191 Track
13P/Olbers juin 1956 69,51 0,930297 32,6351 1,178
1P/Halley fev 1986 75,31 0,96727 35,33 0,58721 Track
109P/Swift-Tuttle dec 1992 133,28 0,9632 51,225 0,9595
Bennett (C/1969 Y 1) mars 1970 1678 0,9962 281,892 0,537
Hale-Bopp (C/1995 O 1) dec 1996 2537 0,995086 370,8 0,914
Bradfield (C/2004 F 4) avr 2004 3679 0,999 476,543 0,168
Lovejoy (C/2013 R1) dec 2013 7 600 0,99836 800 0,8118202
Lovejoy (C/2014 Q2) dec 2014 11 000 1,2903 1 173,363 0,997823 Track
Hyakutake (C/1996 B 2) avr 1996 70000 0,9998946 3410 0.2301987
Panstarss (C/2011 L4) mars 2013 110000 1.001 -- 0,3016
West (C/1975 V1-A) fev 1976 558306 0,99997 13560,217 0,196626
Ison (C/2012 S1) nov 2013 Fin de vie en Dec 2013 1 --- 0,0124

Crédits photographiques : ESAA / IMCCE / NASA - Autres : SAR

Rechercher sur le site
Valid HTML 5.0 L´usine à bugs !
Société d'Astronomie de Rennes - Maison du Parc - 2, Ave André Malraux - 35000 RENNES - SIREN 480 593 748 - APE 913E