| Fiche d'identité |
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La dernière planète du système solaire est également la plus petite : son diamètre est inférieur à celui de notre lune. Vue depuis la Terre, elle n'apparaît plus que sous la forme d'une faible étoile de quatorzième magnitude, autant dire que son observation visuelle reste relativement difficile. Seul son très lent déplacement pourra être mis en évidence sur le fond étoilé par une surveillance photographique, c'est d'ailleurs cette méthode qui l'a vu « naître ».
Encouragés par le triomphe de la mécanique céleste lors de la découverte de Neptune par Urbain Jean Joseph LE VERRIER (1811 - 1877) et John Couch ADAMS (1819 - 1892), ce sont encore les irrégularités de l'orbite d'Uranus qui amenèrent les astronomes, vers la fin du XIXe siècle, a rechercher un neuvième corps céleste orbitant au-delà de Neptune.
L'énigmatique planète sera finalement découverte par Clyde William TOMBAUGH le 18 février 1930, alors simple assistant à l'observatoire Lowell (Flagstaff - Arizona), après l'étude de nombreuses photographies systématiques de la zone prévue. Conformément à la tradition, elle puisera son nom dans la mythologie grecque : Pluton, le dieu des enfers. Les deux premières lettres sont également un hommage à Percival LOWELL (1855 - 1916), c'est lui qui mit en place les moyens qui permirent la découverte.
On sait aujourd'hui que la masse de cette planète est bien trop faible pour perturber les trajectoires d'Uranus et Neptune. De plus, ces perturbations avaient été surestimées à l'époque : des calculs erronés peuvent parfois conduire à une vraie découverte !
Le couple Pluton-Charon photographié
par le télescope spatial Hubble.
C'est également l'examen méthodique de clichés photographiques qui permit la découverte de son satellite : Charon, par James Walter CHRISTY (1938 - ) et Robert HARRINGTON (1942 - 1993) en 1978. D'un diamètre de 1 280 km, ce dernier orbite sur une trajectoire elliptique à une distance moyenne de 19 635 km. Ces deux corps possèdent une caractéristique unique dans le système solaire : une rotation et une révolution synchrones.
Des observations de l'environnement de Pluton réalisées en 2002 et mai 2005 par l'équipe de Hal WEAVER et d'Alan STERN, à l'aide de la caméra ACS du télescope spatial Hubble, ont permises la découverte de deux objets semblant graviter autour de la lointaine planète. De nouvelles études, prévues pour février 2006, devraient permettre de confirmer (ou infirmer !) ces premières mesures.
Pluton possède une orbite très particulière : sa trajectoire est fortement inclinée sur l'écliptique (17°), de plus son périple autour du Soleil est également très excentré (e = 0,25). Sa distance au Soleil variant entre 7.5 milliards de km à l'aphélie (position qu'elle atteindra en 2113) et 4.4 milliards de km à son périhélie (position obtenue le 5 septembre 1989). La planète s'est ainsi retrouvée plus proche du Soleil que Neptune entre février 1979 et mars 1999. Toutefois, orbitant loin du même plan, ces deux planètes ne peuvent entrer en collision. Les points d'intersections de leurs orbites, en résonance stable 3/2, se trouvent séparés par plus de 2.5 milliards de km.
Astre essentiellement recouvert de méthane gelé, Pluton possède également une faible atmosphère de diazote mise en évidence par l'occultation d'une étoile le 9 juin 1988. Mais ce mince attribut ne suffit plus à lui conférer son statut de planète, certains astronomes préférant la placer au rang de plus gros objet de la Ceinture de Kuiper.
La carte la plus précise de Pluton à ce jour par le télescope spatial Hubble.
| Caractéristiques des satellites de Pluton | ||||||
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| nom | ½ grand axe de l'orbite | révolution sidérale | inclinaison | diamètre | excentricité | densité (Terre = 1) |
| Charon | 19 635 km | 6.39 j | 94° | 1 280 km | 0 | 2.0 |
| Nix | 49 400 km (±600) | 25.5 j (±0.5) | - | - | - | - |
| Hydra | 64 700 km (±850) | 38.2 j (±0.8) | - | - | - | - |
Crédits photographiques : ESA / NASA